 |
La
perte de la digue (1908)
Le
monastère avait donc été construit sur les rives
de la Mistassibi, tout près des désormais célèbres
Chutes-des-Pères. Au printemps, les inondations atteignaient souvent
les habitations malgré les efforts pour contenir les eaux de la
rivière. Pour que l'eau n'emporte pas le chemin, la maison et le
jardin, on avait construit un quai ou une digue. C'était une charpente
de gros bois rond chargée de pierres et recouverte, du côté
de l'eau, d'un rang de madriers. Sans ce quai, bâti en 1899, le
corps du logis serait certainement un jour ou l'autre tombé à
l'eau.
À la fin d'avril 1908, de fréquentes pluies avaient contribué
à une rapide fonte des neiges. Au début de mai, la digue
avait résisté à une première crue des eaux;
mais à la fin du mois, au premier coup du dégel, la crue
devint plus considérable qu'à l'ordinaire. Arrêté
dans sa course furibonde par une nouvelle digue qui lui barrait le passage,
le courant remontait jusqu'au monastère avec une force effroyable.
Aussi, la digue, qui avait résisté au départ de la
glace, céda devant cette crue et fut emportée.
Devant cette force de la nature, il n'y avait plus qu'à capituler.
Aussi, les moines ont-ils choisi d'aller s'établir un peu plus
haut sur la côte et d'y construire un monastère en pierres.
La bénédiction inaugurale eut lieu le 11 juillet 1911.
|
 |